Samedi 29 décembre 2007
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18:44
Le 8 juillet 1978, par un très beau temps, "La Garance" rentre d'une patrouille
de surveillance des pêches en mer du Nord. Une fois le navire accosté, l'équipage prendre la veille dite de "Sécurité" et, en attendant le repas, tous conversent autour d'un apéritif bien
gagné.
Il est 21 heures lorsque le téléphone d'alerte sonne. L'homme de quart sort prendre la communication et lorsqu'il revient, à voir la tête qu'il fait, tous ont compris que le
repas est remis à plus tard. Le message indique que le cargo " ATLANTIC HAWCK" battant pavillon libérien signale un homme par dessus bord dans la traversée Douvres- Anvers. Il a constaté la
disparition de son marin dans le Nord de Calais, à environ 12 nautiques, vers 20 heures 45.
Aux postes d'appareillage. Il est bientôt 22 heures quand le bateau double les jetées de Boulogne. Le temps est au beau, la mer comme un miroir et la visibilité de plusieurs
milles.
La route est au Nord pour doubler le Cap gris Nez et la vitesse est de 16 noeuds.
Il faut deux heures pour arriver sur la zone de recherches. Cela fera plus de quatre heures que le type est tombé à l'eau, aussi tous sont septiques quant aux résultats de la
recherche. La route est au 30. De très nombreux échos radar sont observés. Le bâtiment vogue en contre sens du " rail" en contravention avec les règlements mais bénéficiant d'un autorisation
spéciale pour les missions d'assistance et il doit souvent se dérouter pour éviter les cargos. La bouée MPC, qui marque le milieu du détroit éclate sur tribord. Il est environ 0 Heure 30 et
l'allure a été ramenée à cinq noeuds.
Pour ne pas encrasser les turbos, la machine est stoppée et la " Garance " court sur son erre, dans le grand silence de la nuit. L'équipage s'est rassemblé sur la passerelle
découverte et fume en devisant. Un matelot pense avoir entendu un appel. C'est sans doute un goéland! ,dit un autre, mais instinctivement tous on fait silence et écoute attentivement. Dominant le
clapotis de l'eau le long de la coque, ils entendent distinctement un appel sur bâbord. Le gros projecteur est braqué et fouille la mer. Dans le faisceau, à 100 m environ, il se fixe sur un homme
qui agite les bras et nage vers le bateau.
Diverses manoeuvres et par l'échelle de pilote affalée le long de la coque, le "miraculé" mont à bord. C'est un homme jeune, 35 ans environ, en forme malgré les cinq heures
qu'il vient de passer dans l'eau. Il est tombé à l'eau en vidant les poubelles.
Route vers Calais où une ambulance l'attend.
Que dire de ce sauvetage où le hasard a été prépondérant. Habituellement, jamais les moteurs étaient stoppés au cours d'une mission d'assistance.
Cette histoire m"a été contée par mon ami Sylvain, ex-patron de la "Garance", un jour où nous taquinions les merlans.
Par giras
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Publié dans : patrimoine maritime
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