Mardi 12 mai 2009
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Longtemps les pêcheurs vendéens ont
traqu

é le poisson bl

eu, sardines ou anchois, à l'aide du filet droit. Ce sont des arabes qui ,au moyen âge,
chassés par les espagnols et venus s'installer aux Sables d'Olonnes, qui ont initié les Sablais et les Giras à la technique de la pêche au "manet", (ou filet droit).
Ce filet, d' une longueur de 30 mètres environ est supporté par une ralingue garnie de flotteurs en rondelles de liège et plombé. La chute, ou retombée, est d'une hauteur de 10 à 12 mètres.Les
mailles sont de dimensions variables selon la taille des sardines; un filet de 40 signifie que les mailles sont dimensionnées pour prendre 40 sardines au kilog.Quand le filet est mis à l'eau et que
les sardines travaillent, si les mailles sont trop petites, les sardines s'ssomment en butant dedans, elles remontent à la surface et le marin dis " Elle est folle". Alors il tend un filet
aux mailles plus large. Dès qu'il voit la surface se couvrir d'écailles, il sait que la sardine se prend par les ouies et qu'elle est capturée.
A partir de chaloupe sardnières, les " Pinasses" armées par cinq à huit matelots, le filet est déhalé dans le courant par l'annexe ( ou pinasson, )à petits coups d'aviron, car le filet
doit rester souple, sans être trop tendu. En même temps que le filet est déployé, les occupants de l'annexe jettent de part et d'autres du filet des boulettes formées d'oeufs de
morue mélangés à de la farine.
La sardine est là. Elle vient se gaver de cette rogue dont elle est friande. A mesure qu' elle s'alourdit, elle lache de petites bulles d'air qui viennent crever la surface, les "
Garibouilles" que les marins signalent à la pinasse par le geste, pouces levés, avant bras le long du corps agités alternativement de bas en haut- Les flotteurs plongent, la mer est recouverte
d'écailles, Il est temps de remonter le filet sur la pinasse où il est tamisé pour que la provende tombe dans le parc. Les sardines sont mises en caisse, petites caisses plates
contenant 5 kilogs de poissons. Un filet viré contenait au plus,100 kgs de sardine ( les bons jours!) mais souvent qu'une ou deux caissettes. Alors il fallait se déplacer, chercher le
poisson. Les filets étaient déployés et relevés plusieurs fois avant que l'heure du retour ne sonne. Les premiers arrivés au port vendaient au prix de la marée alors que les retardataires n'étaient
payés qu' aux prix fixés par les conserveries. Dans l'après midi, les patrons et les équipages se rassemblaient dans les petits bistrots du quartier du maroc ou du quai de larépublique pour la "
comptée". Les pinasses ont été nettoyées, béquillées pour qu' elles ne chavirent pas à la basse mer, tous se regalaient après tant d'efforts d'une cotriade bien méritée. Les marins qui ont pratiqué
cette pêche sont maintenant septuagénaires. En ce mois de mai 2009, le plus vieux marin du port promène encore allègrement ses 91 ans les jours de marché et continue à faire pousser ses légumes.
C'est auprès de ces gens là qu'il nous faut écouter parler d'un métier pénible, qui les a marqués dans la chair et dans l'esprit, mais qu'ils ont tellement aimé. c'est vers 1850
que les premières conserveries s'installent à Croix de vie, près du port. C'est lâge d'or de la sardine. Entre 1872 et 1883, 11 nouvelles conserveries seront construites (En 1864, il y avait
46 unités sardinières dans le port de Croix de Vie avec plus de 500 marins) C'est un 1925 que Benjamin Bénéteau construit un premier bateau à moteur et que les pinasses à moteur remplacent les
chaloupes. L'association " Concorde", avec les vieux marins qui restent, tente de préserver ce patrimoine maritime, cette longue histoire d'un port voué bientôt à la plaisance et au
tourisme.