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patrimoine maritime

Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 10:16

Si les marins se promènent en mer comme dans un jardin dont ils connaissent chacun des fonds, imaginons la somme d'efforts qu'ils ont du déployer au fil du temps pour trouver, repérer la position et cataloguer la côte. Des générations s'y sont employées. Outre la cartographie qui figure sur les cartes marines, il y a celle locale où les fonds ont été baptisés par les marins du cru.
Dans la recherche du poisson, dont ils connaissent les habitudes, selon qu'il préfère les fonds de sable ou de vase, la roche ou les fonds « mêlés » de gravier et de madrépores, c'est par la ligne de sonde, dont le nombre de brasses est repéré et la base suifée du plomb, que les sédiments sont reconnus. Ici on pêchera des merlans, des lieux ou des soles, là des crustacés, à cet endroit on pourra draguer sans risque de croches
Pour retrouver le point, jusqu'à une dizaine de milles au large, on peut se fier aux amers quand la visibilité est bonne. Autrement, il faut déterminer un cap, montre gousset en main, naviguer à l'estime en fonction de la vitesse. Pas facile du temps des bateaux de pêche à voile, un peu plus aisé avec un moteur. En tous cas ils l'ont fait et aujourd'hui, grâce au G.P.S on va directement dans les « deuxièmes vases », « dans le cul de sac » ou sur la roche de « l'encornât » au large de Saint Gilles Croix de Vie.
J'ai un ami, Maurice, le fils d' Israël CHEVRIER, l'homme qui fit construire en 1942 par le chantier THOMASEAU, un petit voilier qu'il baptisa au nez et à la barbe de l'occupant « Hope », Espoir....C'est lui, Maurice, qui me raconte la mer telle qu'il l'a vécue depuis sa plus tendre enfance. C'est lui aussi qui m'a raconté la pêche aux thons à bord du  "Raymond Martine », les journées de mauvais temps, la cape courante ou la fuite devant la tempête.

Le «Hope» est donc né sur les bords de la Vie,dans le chantier Thomazeau aujourd'hui disparu. La coque, qui mesure 9 m 84 de longueur de pont, pour 14 m de longueur hors tout, en a été dessinée pour en faire un bateau de travail, suffisamment large (3 m74) pour y œuvrer à l'aise, embarquer des casiers à homard ou autre. La voile aurique, avec un foc une trinquette et une voile de flèche, en assurent la propulsion. En ces temps d'occupation allemande, il était plus facile de trouver du vent que de l'essence pour faire tourner le moteur auxiliaire. Toujours à cause de l'occupant, il n' y a pas eu de baptême du navire. Celui ci a été mis à l'eau sans cérémonie. Pour le gréer c'est un sapin, à peu près rectiligne, trouvé dans la forêt de Saint Hilaire qui fit office de mât. Enfin le bateau fut armé. Le père CHEVRIER n'avait qu'une hâte, élargir ! L'armée allemande occupait Croix de Vie et la kommandantur était un point de passage obligé pour sortir vers le large. Le port était déclaré ouvert dès cinq heures du matin. Il était fermé par une chaîne en travers de la rivière dès que le soir tombait. Sous la surveillance des douaniers et des marins allemands, les bateaux devaient faire signer leur carnet avant le départ, puis accoster le ponton mouillé dans la rivière la Vie pour y subir la fouille. Tous les bateaux devaient être rentrés au port à la nuit tombée. Les retardataires risquaient de se faire tirer dessus s'ils se pointaient au-delà de l'heure de fermeture. De même, les marins n'avaient pas le droit de naviguer trop près de la côte. Des contraintes appliquées en 1944 sans trop de sévérité par les douaniers allemands, mais il y eu un ou deux jeunes types zélés qui furent vite repérés par les marins. La pêche était contrôlée et les quantités de poissons débarquées, notées chaque jour sur le carnet. Les marins giras cachaient la teneur exacte de leurs prises et les déclarations étaient souvent fantaisistes. Les allemands, de vieux réservistes dont des marins pêcheurs de la Baltique, n'étaient pas dupes. Ils disaient en riant, devant le peu de poissons déclaré, « Vous monsieur, aujourd'hui faire beaucoup promenade !

Vint le jour où le « Hope » fut prêt au départ, casiers à poste parés à être mouillés mais le précieux carnet n'était pas là. Il devait être délivré par la kommandantur des Sables d'Olonne. C'est donc Maurice, sur un vieux vélo, qui a été quérir le document auprès des autorités allemandes des Sables d'olonne. Dès son retour, le bateau appareillait pour sa première marée. Le père Israël CHEVRIER était un fin manœuvrier. Sur les fonds repérés, mouiller les casiers au bon endroit en n'utilisant que les voiles demande déjà de l'expérience. Les relever sous voile, en se plaçant sous le vent de la bouée pour saisir la hampe du pavillon, haler sur l'orin sans que celui-ci ne frotte sur la coque (ça faisait fuir les homards, disait-il) était autrement difficile compte tenu du vent, des courants, etc..... L'équipage, composé du père et de ses deux fils, était rodé et très performant dans la navigation et la quête de crustacés. Tous les trois ont usé beaucoup de suif pour graisser leur plomb de sonde et reconnaître leurs points de pêche, mais ils connaissaient tous les fonds entre l'île d'Yeu, St Jean des Monts et Bretignolles. A cette époque, il y avait abondance et parfois cinq homards gigotaient dans le casier plus un qui était resté perché sur le dessus et cherchaot à entrer dans le casier. Il se serait échappé si l'orin avait quelque peu touché la coque, imprimant des vibrations que la bête aurait vite interprétées. Le gréement restait fragile. Le père Ismaël n'avait que peu confiance en ce sapin qui faisait figure de mât. Aussi, quand Maurice pressé de rentrer au port demandait « On envoie la trinquette ? » le père, prudent, refusait en invoquant la fragilité du gréement.


Les marins étaient impatients de prendre la mer mais devaient respecter le couvre-feu. Les allemands n'étaient pas toujours ponctuels pour l'ouverture du port. Aussi, les équipages se cachaient-ils à proximité dans les haies alentours pour embarquer dès que l'interdiction serait levée.
Dans la nuit du 15 août 1944, les navires anglais attaquèrent devant Bretignolles, le forceur de blocus « Tellus » (sperrbrecher SB157) accompagné par les dragueurs M 385, M 275, et d'un petit pétrolier, le « Banka ». Le combat commencé à 5 h s'est terminé à 8 heures 30 et tous les bateaux ont été coulés ou se sont échoués. Le « Banka » a brûlé sur la côte de Sion, le «Tellus » s'est échoué en feu devant la Parée de Bretignoles.  Les dragueurs se sont échoués devant St Gilles et le Marais Girard. Dès les premières heures du combat, les allemands sont venus réveiller le père Israël Chevrier, patron du canot de sauvetage de st gilles croix de vie. Le canot requis s'est porté au secours des naufragés. Les obus anglais pleuvaient sur cette petite flotte acculée à la côte, mais le père CHEVRIER avait envoyer un grand pavillon  français à la poupe du bateau de sauvetage, une protection bien éphémère pour lui et son équipage. Toute la population était en émoi. Réveillés par la canonnade et par les fusées éclairantes anglaises, les habitants ont cru à un débarquement allié et de nombreuses familles se sont enfuies vers les marais pour y trouver refuge. Inquiets pour leurs bateaux, de nombreux marins s'étaient réunis sur le port. Les allemands en bloquèrent les accès et exigèrent les papiers des hommes présents.
Tous les marins furent contraints d'embarquer sur huit des pinasses du port (dont la « Vigilante ») pour, eux aussi, se rendre sur les lieux du naufrage et participer au sauvetage. Des soldats allemands en armes étaient embarqués sur les bateaux de pêche et accompagnaient les marins Giras. Maurice a été requis et c'est l'un des souvenirs de ses 17 ans, avec le trajet Croix de vie-Les sables sur un vélo en mauvais état. Il se souvient d'avoir vu le « Tellus » en flammes, couler devant la Parée de Bretignolles. Il se souvient aussi d'avoir ramassé sur l'eau de nombreux documents que l'équipage remis aux autorités. Les marins allemands des dragueurs étaient transbordés à terre à la Sauzaie par les pinasses, heureux d'être saufs mais les gendarmes allemands postés à terre les faisaient  immédiatement réembarquer. Ce sont encore les pinasses qui se chargèrent de ce travail. Après cette opération, le père CHEVRIER fut convoqué à la kommandantur où il reçu les félicitations du commandement. La convocation dans cet endroit redouté n'avait rien de rassurant. Il n'en menait pas large mais fut bien vite rassuré. Il avait fait son devoir de patron de canot dans le fracas des canons et les obus qui tombaient sur la côte. Il n'en tirait pas gloriole.
A Bretignolles, le pays était en émoi. Cinq bretignolais et leurs chevaux avaient été réquisitionnés dans l'après midi du 14 Août pour conduire du matériel aux Sables d'Olonne. Ils étaient accompagnés par un sous-officier et quatre soldats. Régis FRUCHARD s'est souvenu de ce moment de l'occupation où les allemands se montraient particulièrement nerveux et l'a relaté dans un article consacré à l'occupation de Bretignolles..
Le 20 septembre à 19 h 40, deux chalutiers armés allemands ont été pris à partie par l'aviation anglaise alors qu'ils sortaient du port des Sables d'Olonne. Ils transportaient des naufragés du « tellus » du « Banka » et des deux dragueurs coulés devant Bretignolles. Les deux navires coulèrent après avoir été incendiés par les avions. De nombreux soldats ont été  tués et leurs cadavres sont venus s'échouer sur la côte
Fin septembre, les allemands évacuaient la région et les activités reprirent  très vite.
Le « Hope » a continué de naviguer à la pêche jusque dans les années 1960. Propriété de la ville de Saint Gilles Croix de Vie depuis le 5 décembre 1988, il est inscrit aujourd'hui au patrimoine maritime de la Vendée.

 

Nota:

  . Un canot de sauvetage de la station de Saint Gilles Croix de Vie a porté le nom  "ISRAEL CHEVRIER".

 

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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 09:43
Parmi les pêcheurs fameux, il y avait les frères Lelièvre . Ici l'image du bateau de Joseph

" Ma caravelle" en pêche au filet tournant. Remarquer le " power-bloc" à l'arrière.
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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 09:26
Voici  " Belle bretagne" en pêche























" Belle Bretagne" , au patron GROISARD que tout le monde appelait " Chargeur" . A cette époque, tous les marins avaient un surnom, quelquefois gentil, mais aussi méchant, voire très méchant. Surnom empruntés à l'histoire pour " charlemagne" ou " louis xv", aux animaux pour le Chat' et  de quoi écrire un livre car il y eut jusqu'à 125 bateaux dans le port.
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 15:42
Longtemps les pêcheurs vendéens ont traqu é le poisson bl eu, sardines ou anchois, à l'aide du filet droit. Ce sont des arabes qui ,au moyen  âge, chassés par les espagnols  et venus s'installer aux Sables d'Olonnes, qui ont initié les Sablais et les Giras à la technique de la pêche au "manet", (ou filet droit).
Ce filet, d' une longueur de 30 mètres environ est supporté par une ralingue garnie de flotteurs en rondelles de liège et plombé. La chute, ou retombée, est d'une hauteur de 10 à 12 mètres.Les mailles sont de dimensions variables selon la taille des sardines; un filet de 40 signifie que les mailles sont dimensionnées pour prendre 40 sardines au kilog.Quand le filet est mis à l'eau et que les sardines travaillent, si les mailles sont trop petites, les sardines s'ssomment en butant  dedans, elles remontent à la surface et le marin dis " Elle est folle". Alors il tend un filet aux mailles plus large. Dès qu'il voit la surface se couvrir d'écailles, il sait que la sardine se prend  par les ouies et qu'elle est capturée.
A partir de chaloupe sardnières, les " Pinasses" armées par cinq à huit matelots, le filet est déhalé  dans le courant  par l'annexe ( ou pinasson, )à petits coups d'aviron, car le filet doit  rester  souple, sans être trop tendu.  En même temps que le filet est déployé, les occupants de l'annexe jettent de part et d'autres du filet des boulettes formées d'oeufs de morue mélangés à de la farine.
La sardine est là.  Elle vient se gaver de cette rogue dont elle est friande. A mesure qu' elle s'alourdit, elle lache de petites bulles d'air qui viennent crever la surface, les " Garibouilles" que les marins signalent à la pinasse par le geste, pouces levés, avant bras le long du corps agités alternativement de bas en haut- Les flotteurs plongent, la mer est recouverte d'écailles,  Il est temps de remonter le filet sur la pinasse  où il est tamisé pour que la provende tombe dans le parc. Les sardines sont mises en caisse, petites caisses plates contenant 5 kilogs de poissons. Un filet viré contenait au plus,100 kgs de sardine  ( les bons jours!) mais souvent qu'une ou deux caissettes. Alors il fallait se déplacer, chercher le poisson. Les filets étaient déployés et relevés plusieurs fois avant que l'heure du retour ne sonne. Les premiers arrivés au port vendaient au prix de la marée alors que les retardataires n'étaient payés qu' aux prix fixés par les conserveries. Dans l'après midi, les patrons et les équipages se rassemblaient dans les petits bistrots du quartier du maroc ou du quai de larépublique pour la " comptée". Les pinasses ont été nettoyées, béquillées pour qu' elles ne chavirent pas à la basse mer, tous se regalaient après tant d'efforts d'une cotriade bien méritée. Les marins qui ont pratiqué cette pêche sont maintenant septuagénaires. En ce mois de mai 2009, le plus vieux marin du port promène encore allègrement ses 91 ans les jours de marché et continue à faire pousser ses légumes. C'est auprès de ces gens là qu'il nous faut  écouter parler d'un métier pénible, qui les a marqués dans la chair et dans l'esprit,  mais qu'ils ont tellement aimé.  c'est vers 1850 que les premières conserveries s'installent à Croix de vie, près du port. C'est lâge d'or de la sardine. Entre 1872 et 1883, 11 nouvelles conserveries seront construites  (En 1864, il y avait 46 unités sardinières dans le port de Croix de Vie avec plus de 500 marins) C'est un 1925 que Benjamin Bénéteau construit un premier bateau à moteur et que les pinasses à moteur remplacent les chaloupes. L'association " Concorde",  avec les vieux marins qui restent, tente de préserver ce patrimoine maritime, cette longue histoire d'un port voué bientôt à la plaisance et au tourisme.
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 17:40
En cette année 2009, il y a encore un bateau qui pose ses palangres au large de Saint Gilles Croix de vie.
Il s'agit du " Loup Blanc" que j'ai représenté alors qu'il va tendre ses lignes, tous pavillons flottants dans le vent.
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 18:44
    Le 8 juillet 1978, par un très beau temps, "La Garance" rentre d'une patrouille de surveillance des pêches en mer du Nord. Une fois le navire accosté, l'équipage prendre la veille dite de "Sécurité" et, en attendant le repas, tous conversent autour d'un apéritif bien gagné.
    Il est 21 heures lorsque le téléphone d'alerte sonne. L'homme de quart sort prendre la communication et lorsqu'il revient, à voir la tête qu'il fait, tous ont compris que le repas est remis à plus tard. Le message indique que le cargo " ATLANTIC HAWCK" battant pavillon libérien signale un homme par dessus bord dans la traversée Douvres- Anvers. Il a constaté la disparition de son marin dans le Nord de Calais, à environ 12 nautiques, vers 20 heures 45.
    Aux postes d'appareillage. Il est bientôt 22 heures quand le bateau double les jetées de Boulogne. Le temps est au beau, la mer comme un miroir et la visibilité de plusieurs milles.
    La route est au Nord pour doubler le Cap gris Nez et la vitesse est de 16 noeuds.
   Il faut deux heures pour arriver sur la zone de recherches. Cela fera plus de quatre heures que le type est tombé à l'eau, aussi tous sont septiques quant aux résultats de la recherche. La route est au 30. De très nombreux échos radar sont observés. Le bâtiment vogue en contre sens du " rail" en contravention avec les règlements mais bénéficiant d'un autorisation spéciale pour les missions d'assistance et il doit souvent se dérouter pour éviter les cargos. La bouée MPC, qui marque le milieu du détroit éclate sur tribord. Il est environ 0 Heure 30 et l'allure a été ramenée à cinq noeuds.
    Pour ne pas encrasser les turbos, la machine est stoppée et la " Garance " court sur son erre, dans le grand silence de la nuit. L'équipage s'est rassemblé sur la passerelle découverte et fume en devisant. Un matelot pense avoir entendu un appel. C'est sans doute un goéland! ,dit un autre, mais instinctivement tous on fait silence et écoute attentivement. Dominant le clapotis de l'eau le long de la coque, ils entendent distinctement un appel sur bâbord. Le gros projecteur est braqué et fouille la mer. Dans le faisceau, à 100 m environ, il se fixe sur un homme qui agite les bras et nage vers le bateau.
    Diverses manoeuvres et par l'échelle de pilote affalée le long de la coque, le "miraculé" mont à bord. C'est un homme jeune, 35 ans environ, en forme malgré les cinq heures qu'il vient de passer dans l'eau. Il est tombé à l'eau en vidant les poubelles.
    Route vers Calais où une ambulance l'attend.
    Que dire de ce sauvetage où le hasard a été prépondérant. Habituellement, jamais les moteurs étaient stoppés au cours d'une mission d'assistance.

     Cette histoire m"a été contée par mon ami Sylvain,  ex-patron de la "Garance", un jour où nous taquinions les merlans.

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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 17:58

raymond-martine.jpg En ce mois de juin 1953, le "Raymond Martine", solide thonier du port de Croix de Vie, fait route vers les lieux de pêche.C'est la sixième nuit qu'il passe au large et, d'après sa position estimée, il se trouve à 270 miles dans l'ouest du Portugal.
     Le vent est passé au N.N.E et souffle relativement fort. Le temps est gris et la mer est formée. La voilure a été établie et l'allure est au portant. Bien appuyé sur sa toile, le bateau gîte un peu et l'équipage a été contraint de peser sur les drisses du tangon tribord qui avait tendance à fouetter les crêtes de vagues.

    Dans les lueurs du jour naissant et sur tribord devant, le patron Roger Burgaud croit avoir vu un thonier.  C'est le premier  bateau rencontré depuis le départ de Croix de Vie  aussi, tout l'équipage s'est porté le long de la lice pour commenter l'évènement.  Il est encore à plus de 3 miles et il est difficile de l'identifier. C'est un espagnol!
     En l'observant avec ses jumelles, le patron se rend compte qu'un marin espagnol est perché dans la mâture et qu'il fait des signaux de détresse. Les vendéens se dirigent vers lui et le moteur est sollicité pour produire un effort. La distance se comble rapidement . Le "Raymond Martine" ayant  amené ses voiles, vient se placer sous le vent de l'espagnol qui est enfoncé jusqu'au niveau du pont dans une mer couverte de gasoil. Ce n'est plus qu'une épave où les marins groupés sur l'avant, crient leur joie.

    Les douze hommes qui composent l'équipage sont rapidement  recueillis grâce au va-et-vient disposé  entre les deux coques. Le patron du " GRACIA HERMANO" quitte son bateau le dernier. Il a réussi à sauver son compas et les papiers du bord.

    Il était grand temps. Quelques minutes plus tard, le thonier coule par l'arrière. Les marins sont réconfortés et habillés chaudement par les marins giras qui se déroutent vers VIGO pour les  débarquer. Une voie d'eau s'était déclarée au niveau de l'étambot et ces gars là pompaient sans relâche depuis deux jour. La radio ne fonctionnait pas et les fusées de détresse périmées.

Ils doivent une fière chandelle au " Ramond Martine" ( d'après le récit de Maurice CHEVRIER, matelot du bord)

 

                        Le poste arrière du " Raymond Martine"

le poste arrière du raymond martine

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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 15:47
caprice.JPG Le " Caprice des temps ", thonier du port des Sables d'olonne a pratiqué la pêche aux thons à l'aide d'appâts vivants sous les ordres du patron DOUBLET.

 Vendu à un malfrat marseillais, il était transformé pour convoyer la drogue depuis les Etats Unis jusqu'à ce jour de fevrier 1972 où les douaniers de Marseille l'arraisonnèrent et mirent fin à ses activités mafieuses. Il mit longtemps à pourrir dans une darse du port de Toulon.
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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /Nov /2007 17:37

Comme un jardinier dans son potager, le marin giras connaît  le moindre recoin  de la mer devant la côte.

C'est un domaine dont il sait la nature de chacun des fonds. Du sable, des graviers, de la vase, là où les poissons viennent chercher leur nourriture ou bien frayer. Il s'y déplace avec la même facilité que les proies qu'il traque.

Certains fonds portent les noms de vieilles familles locales, comme la Roche à Bonneau, la Roche à Biron, la Roche à Isaac ou les Roches à Burgaud.

 D'autres portent des noms de fantaisie, comme la Roche Pipi, le Trou Pouilloux. Il y a les  Roches du Sapinier, les Cabanes, la Couline de Pineau, Les Mattes. Il y a aussi la Roche à l'Encornât, les premières et les deuxièmes vases, les cottelines, la Roche Tomate, le Trou Pompier, le Pied, le Trou Canard, les dix-huit brasses, tout un relief que les marins ont su repérer par l'utilisation de leur plomb de sonde, dont le cul est suiffé, et les amers repérés sur la côte.
 
Aujourd'hui, où il a plus de bateaux que de marins, le système G.P.S  permet de retrouver tous ces points  très facilement. ramandage.jpg Vous qui lisez ces lignes, songez  aux années  et aux nombreux coups de sonde, qu'il a fallu donner pour établir les cartes sommaires où les amers figurent maladroitement dessinés et qui se transmettaient de père en fils. Le plomb de sonde, avec son alvéole remplie de suif , la montre  et le compas étaient les seuls outils du marin. C'est le plomb de sonde, dont le suif remonte à la surface les éléments du fond qui renseignait le patron. Le suif était palpé, reniflé, examiné avec soins. Selon  les résultats,  sable, vase, gravier ou petits madrépores, le marin conaissait les hôtes qui fréquentaient les lieux. Aujourd'huii le sondeur perfectionné l'a remplacé.

 

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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 12:05

Il y a eu cinquante ans, le 24 novembre, qu'en 1957 l'ouragan "Carrie", après avoir fait chavirer le voilier "Pamir", s'en prenait à la flotille des thoniers giras, en pêche dans le sud de l'irlande, sur les Soles  qui'ils nomment " La marmite" en raison des tempêtes effroyables qui sévissent en ces lieux. Le "Berger de l'océan" du port de croix de vie, renversé par une lame énorme est dématé, la passerelle emportée avec le patron Marcel CORNEVIN qui était à la barre. Les cinq hommes de l'équipage ont été recueillis par le thonier de l'ile d'Yeu "Jeanne de Vannes". Quant à l'épave, retrouvée par le "Claude André" du port des Sables, elle fut réarmée et fit une nouvelle carrière pour terminer échouée sur les côtes de Mauritanie. L'association " Concorde" de Croix de vie a édité une plaquette d'après le trexte de Roland MORNET

                     "Berger de l'océan", La marée tragique.

 

           En 1957 comme chaque année, d'avril à juin, les thoniers de Croix de vie  partent pour leur première marée de thons. Une fois que les jetées ont été dépassées, seul ou groupés par affinités,  tous ont pris le cap au 250. Les bateaux sont lourds du poids de la glace et du gasoil embarqués. Le temps est au beau fixe, les tangons débordés, la voilure établie pour atténuer le roulis. Les carènes, soigneusement nettoyées, tracent un sillage rectiligne sous la poussée d'un moteur diesel d'une centaine de chevaux. Sur tribord arrière, ils voient l'île d'Yeu disparaître peu à peu sous l'horizon. Les vivres ont été rangés dans la glacière et, pendant cinq à six jours avant de mettre en pêche, ils peuvent vaquer aux soins du bateau et à la préparation des lignes. Ils font route pour doubler le Cap Finistère et rejoindre les lieux de pêche dans le sud du golfe de Gascogne, entre l'Espagne et les Açores. Ils vont y retrouver les premiers arrivés sur les 40° degrés Nord et 15 à 18 degrés Ouest, lieux où le poisson a déjà été repéré par les basques et les espagnols, dès le mois d'avril.

    Entre deux quarts à la barre, ils ont préparé les lignes qui garnissent les perches. Il y en a cinq par tangon et cinq autres disposées à l'arrière. Quand le poisson sera là, il n'y aura pas trop des six hommes de l'équipage pour saisir les "hale à bord", ramener les lignes dans le sillage et faire sauter les thons sur le pont.

Dans ces bateaux, dont le plus grand ne mesure pas 20 mètres, le confort est spartiate, les rations d'eau étriquées et, quand les vivres frais auront été consommés, les repas seront à base de thon servi à toutes les sauces.

 

          Les mois ont passés et en cette fin de l'été, Ils attaquent la quatrième marée de l'année. A la fin de celle-ci ils désarmeront " aux thons", rangeront les perches et  réarmeront le bateau pour chaluter tout l'hiver. Avec le beau temps, au début de la campagne,  ils ont apprécié les lents mouvements de houle de l'Atlantique, les ciels lumineux et les couchers de soleil aux couleurs chatoyantes. Sur une mer sans ride, par "calme choc",  ils ont  vu les " barbaillas", traces en forme de "V" inversés identiques à celles que forment dans le ciel les oiseaux migrateurs et que les thons font courir  sur la surface. Ils ont vu les "dadins"  (ou puffins) avec les fous de bassan plonger sur la "mangeaison", ces bancs de petits poissons qui se déplacent  sous la surface. Alors ils ont mis les lignes à l'au et les premiers thons ont été sortis des flots.

         

          . Dès que la pêche a commencé, les hommes ont capelés leurs lourds vêtements de mer et leurs bottes. Ils les quitteront rarement pour pouvoir supporter les embruns constants du fait des amures de pêche variant de 50 à 60 degrés par rapport au lit du vent. Le bateau, qui traîne ses lignes  à trois ou quatre nœuds, est giflé par la mer et les matelots qui se trouvent au vent sont  le plus souvent trempés par les embruns.

 

          Dans la deuxième quinzaine d'Août, très au large de la Rochelle sur la route Nordet / suroît empruntée par les cargos, les ciels tourmentés et les longues journées venteuses sont apparus. Les jours ont raccourcis  et la mer est devenue moins facile. Malgré le soin apporté par chacun des marins, l'humidité est partout et les vêtements sèchent mal tant ils sont imbibés de sel. Le pain est moisi  et  prend une vilaine teinte jaune. Ils ont encore de la morue séchée  et quelques conserves, notamment ces rôtis de porc enrobés de graisse et placés dans des boîtes en fer blanc par les charcutiers de Croix de Vie. En route, ce qui a modifié agréablement les menus, ils ont, sans doute, harponné un marsouin qui a été consommé sous forme de beefsteak,

 

           Depuis le début de Septembre, ils sont au sud de l'Irlande dans la mer Celte, sur les plateaux des "Grandes" et "Petites Soles". C'est " La marmite", un endroit redouté par les marins pour la violence de ses tempêtes. L'équinoxe et les grandes marées se sont manifestés. Les grains sont de plus en plus nombreux. Les grandes houles de l'Atlantique viennent se briser sur ces plateaux dont les fonds sont brusquement remontés de moins trois mille à quelques centaines de mètres. La température des eaux de surface oscille entre 17 et 18°. C'est la température idéale pour les mattes de thons qui se déplacent en suivant le "Gulf stream". 

 

       . Les  courants qui se développent sur ces plateaux, font remonter le plancton des grandes profondeurs. Les thons trouvent là les anchois, les petits encornets, et le krill,  dont ils sont friands. Toute la flottille des thoniers a suivi le poisson et, dès l'aube, les lignes ont été mises à l'eau. Le thon, très méfiant s'enfuit dès qu’un bruit d'injecteur mal réglé apparaît ou qu'une modification de l'assiette du bateau se fait sentir. Pour pêcher, il faut vite retrouver l'assiette propice aux meilleures prises. Les patrons sont très attentifs à ce réglage de l'assiette car le résultat des prises en dépend. La veille, sur le pont du  "Raymond Martine" des charges ont été déplacées vers l'arrière pour compenser le poids des poissons mis en cale et la fonte de la glace. Sur la "matte",  une nuée d'oiseaux marins piaille et plonge sur les anchois qui, attaqués de toutes parts, se mettent en boules compactes pour se protéger des prédateurs. Les fous de bassan  sont les plus intrépides. Il faut les voir plonger de très haut, replier leurs ailes au dernier moment et crever la surface, tels des flèches d'argent. Le thon est là, il "mord à toutes lignes". Les marins pèsent  sur les  "hale à bord" et embraquent les lignes en d'amples mouvements du torse.

          Quand vient le soir et que les thons ont rejoint les profondeurs, les lignes sont rentrées et lovées sur le pont. Il faut continuer à éviscérer, à nettoyer pendant encore de longues heures avant  la mise en glacière qui se fait toujours à la tombée du jour. En cette fin du mois de septembre, le baromètre descend et inquiète les équipages. Saint Nazaire Radio lance des avis de tempête sur la zone pour les prochaines quarante-huit heures, mais le vent ne varie pas et reste orienté S.S.E. Comme depuis deux jours le poisson mord sans interruption, la pêche est très abondante et la flottille des "giras" rechigne à abandonner une telle aubaine. Ce matin du 22 septembre, le vent tombe d'un seul coup. Le ciel a pris des couleurs inquiétantes. De longues traînées jaunes griffent le ciel.  Dans le sillage volètent les petites hirondelles de mer que les marins appellent "les satanicles"; Elles annoncent toujours le mauvais temps. Sur la surface, des lames sont déjà formées et les crêtes d'écume sont nombreuses. Saint Nazaire continue d'annoncer pour les prochaines heures, une  très forte dépression sur les "Soles". A bord des thoniers, on se prépare. Beaucoup ont pris une route au Suroît qui va les éloigner des hauts fonds. Ils ont déposé les tangons sur le pont, de part et d'autres de la passerelle. Cette manœuvre,  rendue mal aisée par le roulis et le poids des espars, est nécessaire pour assurer la stabilité du navire et  protéger le matériel.  Un foc et une voile ont été établis. Dans la nuit du Lundi 22 au Mardi 23 septembre, le vent vire brusquement au Suroît. Dans " une furie de temps", la mer se creuse et devient blanche. Dans le lit du vent qui hurle sans discontinuer, la crête des vagues est soufflée. La mousse et l'écume courent sur la surface en de grandes écharpes blanches. Les creux sont impressionnants. Les grains se succèdent, noyant tout, griffant la passerelle. La visibilité devient nulle. Les bateaux, dont le moteur est au ralenti, ont pris la cape  sous voilure réduite. Ils font un peu de route pour étaler les vagues énormes qui se brisent, les  assaillent, noyant les ponts, emportant tout ce qui est mal arrimé.

 

          Le Mardi 24, le vent ayant viré au Noroit, les thoniers ont abandonné la cape pour une route vent arrière. La mer est encore grosse mais ne déferle plus. Les patrons s'interpellent et commentent les évènements

 

           Saint Nazaire radio, comme chaque jour, fait l'appel des navires sur zone.  Chacun, à l'appel de son nom,  répond: Le "Groupe lorraine", en cape, tout va bien à bord…"En père pénard" en route, tout va bien à bord  et la litanie des appels et des réponses s'égraine sur les ondes.

 

          On apprend par Radio Luxembourg que le trois mâts PAMIR, bateau école de la marine allemande, s’est perdu le 20 septembre victime de l’ouragan   « CARIE ». Les marins giras ont affronté cette très grosse mer et ces vents violents qui leur sont tombés dessus le 23 septembre.

 

          A terre, sur leur poste de radiodiffusion pourvu de la gamme réservée aux chalutiers, les familles sont en veille elles aussi. Elles suivent l'appel avec anxiété. Depuis les  "Soles" elles ne perçoivent pas  les réponses des bateaux mais les opérateurs de la station à terre assurent la diffusion des nouvelles.

          Il y a eu de la casse: Quelques tangons ont été brisés,  des pavois arrachés, mais tous ont répondu, sauf le "Berger de l'Océan" un solide thonier de Croix de vie construit par le  chantier Bénéteau, 16 mètres de longueur pour 4 m, 90 de largeur et 40 tonneaux. A bord, ils sont cinq avec le patron Marcel CORNEVIN. "En père pénard" a croisé sa route la veille, ainsi que " Groupe lorraine" du patron Marcel GUERIN. Dans l'inquiétude, les patrons  expriment leur anxiété. La flottille commence des recherches difficiles (le radar n'est pas encore d'actualité sur les bateaux de pêche de cette taille). La nuit est tombée et la mer encore grosse. 

 

          Vers 17 heures 30, le " Jeanne de Vannes", un thonier de l'île d'Yeu, signale qu'il vient de retrouver le "Berger de l'Océan". Complètement démâté, la passerelle emportée, ce dernier  roule en travers, balayé par les lames. Sur le pont mangé par la mer, des hommes font des signaux. Alors le bateau Ilais  effectue la délicate manœuvre nécessaire pour s'approcher du navire en perdition, frôle l'étrave du bateau démâté  et établi un va-et-vient grâce auquel les hommes du "Berger" sont amenés un à un à son bord. Ils sont  réconfortés et habillés de vêtements secs par les sauveteurs. Le patron Marcel CORNEVIN n'était plus à bord. Il a été emporté par la vague qui a fait chavirer le bateau et arraché les superstructures. Le thonier îlais se maintient à proximité de l'épave mais dans la nuit, le contact visuel est rompu. Au petit matin, la mer est vide. Le " Berger de l'Océan" a disparu. 

 

 

          Ce n'est que plus tard, grâce au récit des rescapés, que l'on a pu reconstituer le drame. Comme tous les autres thoniers "Giras", ils avaient pris une route Sud pour se dégager des hauts fonds du plateau des Soles. Le patron, Marcel CORNEVIN était à la passerelle en compagnie de Roland AOUSTIN. Gilbert GUIBERT, Eugène NEAULEAU et Claude MICHINEAU, se restauraient dans le poste arrière. Le mousse, Emmanuel POILANE, dormait dans sa cabane. Vers 23 heures, alors que la tempête faisait rage, une lame a fait chavirer le thonier qui s'est remis dans ses lignes presque aussitôt. Le bloc passerelle arraché de ses attaches avait disparu.  L'eau a envahi le poste arrière et le local moteur.  Les mâts brisés, encore retenus par les haubans, gisaient en travers du pont. Roland AOUSTIN, projeté dans les flots lors du chavirement, a été lancé sur le pont par une lame. Il ne doit la vie qu'à la solidité de son vêtement de mer qui s'est accroché à une ferraille dépassant des débris. Marcel CORNEVIN a été emporté par la vague destructrice. La nuit était opaque et l'éclairage du bord interrompu. La détresse des naufragés était grande mais ils ne se résignaient pas. Ils ont  effectué sur la barre une réparation de fortune,  réussi à aveugler la voie d'eau ouverte dans le pont à hauteur de la passerelle disparue puis, grâce au manche du harpon gréé sur la  brinquebale,  l'équipage a pompé sans discontinuer pendant le reste de la nuit et une grande partie du Mardi. Ils ont  asséché le poste arrière et le local du diésel. Il  leur a été impossible de faire redémarrer le moteur.  

 

          Dans le travers de la lame, n'étant plus manoeuvrant, "le Berger de l'océan" subissait la fureur de l'océan et roulait bord sur bord. La mer était désespérément vide et tous les cinq étaient rongés d'inquiétude. Ils pensaient à leur famille et en devinaient l'anxiété.

 

          Vers 17 heures 30,  alors que Roland AOUSTIN est monté sur le pont pour voir l'état de la mer, il signale un bateau dans le lointain. Ce dernier a vu l'épave et se dirige droit dessus. Depuis le pont inondé, les naufragés font des signaux. Leur joie est vive. Bientôt le bateau, un thonier de l'île d'Yeu, est près d'eux. Il s'agit du  "Jeanne de Vanne". Ils sont sauvés et la nouvelle court sur les ondes.

 

           Le corps du patron n'a jamais été retrouvé.

 

          Dans l'espoir de pouvoir remorquer l'épave, le thonier îlais reste à proximité mais, dans la nuit,  le "berger de l'océan" a disparu. Après de vaines recherches, le "Jeanne de vanne" met le cap sur la Vendée pour y débarquer les marins naufragés. Quelques heures plus tard, le " Claude André", du port des Sables aperçoit l'épave,  la prend en remorque et la conduit dans son port d'attache. Par la suite, le "Berger" a subit les réparations nécessaires et a fait une autre carrière avec un nouvel équipage.  Quant aux marins "Giras" rescapés, ils reprirent la mer, continuèrent à traquer le thon, mais n'oublièrent jamais cette terrible nuit.

 

          Le 18 septembre, l'ouragan avait atteint le "Pamir", un quatre mats barque allemand, provoquant le chavirement du navire dont le chargement en céréale avait ripé. Ci-dessous, sur la carte de l'atlantique, on peut suivre jour après jour le déplacement de cet ouragan CARRIE, jusqu'au jour fatidique où il trouvait le "Berger de l'Océan" sur son chemin et le fracassait par une vague monstrueuse..

Parcours de l'ouragan CARRIE sept.1957

 

berger-de-l-ocean.jpg correction-berger.JPG

Par giras - Publié dans : patrimoine maritime - Communauté : VENDEE
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